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Histoire - Page 2

  • L’Univers a-t-il un début?

    Le Big Bang contre la théorie de l’état stationnaire

    La question de l’évolution de l’Univers a attisé de nombreux débats au cours de l’histoire de la physique. Au début du XXe siècle, deux camps de scientifiques s’affrontèrent: d’un côté, les tenants d’un Univers stable et ayant toujours existé, de l’autre, les physiciens qui adhèrent au modèle d’un atome primitif, ancêtre de notre théorie du Big Bang.

    Au cours du XXe siècle, la cosmologie a été bouleversée par deux visions concurrentes du Cosmos. D’un côté, Georges Lemaître proposait l’hypothèse d’un " atome primitif ", précurseur du Big Bang, selon laquelle l’Univers a une histoire et un commencement. De l’autre, Fred Hoyle, Thomas Gold et Hermann Bondi défendaient en 1948 une alternative: l’état stationnaire, un modèle où l’Univers, en expansion, reste inchangé à grande échelle grâce à une création continue de matière.

    Cette théorie séduisait par son élégance: elle évitait l’idée d’un début absolu et renouait avec de vieilles intuitions philosophiques – puisqu’elles remontent à la Grèce antique – selon lesquelles le Cosmos était éternel et immuable. Mais elle allait bientôt se heurter à l’épreuve des observations. Le déclin de cette théorie fascinante s’inscrit dans une querelle scientifique majeure, au terme de laquelle le modèle de l’atome primitif de Georges Lemaître s’est imposé.

    LE MODELE DE L’ETAT STATIONNAIRE: UN UNIVERS ETERNEL ET IMMUABLE

    En 1948, Fred Hoyle, Thomas Gold et Hermann Bondi introduisent le modèle cosmologique de l’état stationnaire. Leur approche repose sur deux principes fondamentaux. D’une part, le principe cosmologique parfait: non seulement l’Univers est homogène et isotrope dans l’espace – cela signifie qu’à grande échelle, l’Univers présente les mêmes propriétés en tout point et dans toutes les directions d’observation, aucun lieu ni direction n’est privilégiés – mais il l’est aussi dans le temps – ses propriétés sont globalement les mêmes à toutes les époques. D’autre part, ils postulent la création continue de matière pour compenser l’expansion observée de l’Univers mise en évidence par Hubble, de la matière est continuellement créée à un rythme très faible (de l’ordre d’un atome d’hydrogène par mètre cube tous les milliards d’années).

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  • 11 NOVEMBRE 1918: Vive l'armée Française

    Le choix du Soldat inconnu de 14-18

    Le 10 novembre 1920, deux ans après la fin de la Première Guerre mondiale, un jeune soldat français nommé Auguste Thin, âgé de 21 ans, appartenant au 132ᵉ régiment d’infanterie, fut désigné pour accomplir un geste hautement symbolique: choisir le cercueil du Soldat inconnu qui reposerait sous l’Arc de Triomphe à Paris.

    HUIT CERCUEILS AVAIENT ETE RASSEMBLES DANS LA CITADELLE DE VERDUN.

    Chacun contenait le corps d’un soldat français non identifié, tombé sur un des grands champs de bataille de la guerre: la Somme, l’Aisne, la Marne, la Meuse, l’Artois, la Flandre, la Champagne et la Lorraine. Ces huit régions représentaient toutes les armées françaises du front.

    Auguste Thin, fils d’un combattant mort pour la France, fut choisi pour représenter tous les anciens combattants. En entrant dans la crypte, il déposa un bouquet de fleurs sur l’un des cercueils — le sixième en partant de la droite — en disant simplement :

    "Le soldat que je désigne est le Soldat inconnu".

    Ce cercueil devint celui du Soldat inconnu de la Grande Guerre, représentant tous les soldats morts pour la France sans sépulture ni nom.

    Le 11 novembre 1920, il fut transporté à Paris et placé sous l’Arc de Triomphe, où brûle depuis 1923 la flamme du Souvenir.

     

    JOURNAL D’AUGUSTE THIN — VERDUN, 10 NOVEMBRE 1920

    Aujourd’hui, on m’a confié une mission que je n’oublierai jamais.

    Je m’appelle Auguste Thin, soldat du 132ᵉ régiment d’infanterie. J’ai vingt et un ans, et je porte encore au cœur les cicatrices de la guerre. Mon père est tombé au combat, comme tant d’autres.

    Moi, j’ai eu la chance d’en revenir… et aujourd’hui, je représente tous mes camarades de l’armée française.

    Dans la citadelle de Verdun, huit cercueils sont alignés. Chacun contient un soldat inconnu, tombé pour la France sur un champ de bataille différent: la Marne, la Somme, l’Aisne, l’Artois, la Champagne, la Meuse, la Flandre et la Lorraine. Huit destins anonymes, huit frères d’armes dont on ne saura jamais le nom.

    Le ministre m’a remis un bouquet de fleurs. Il m’a dit:

    "Choisissez celui qui reposera sous l’Arc de Triomphe".

    Je suis resté un instant immobile. Devant moi, ces cercueils semblaient dormir dans un même silence. Comment choisir entre eux? Chacun d’eux a versé son sang pour la patrie.

    Alors j’ai pensé à mon père, au 6ᵉ corps d’armée auquel j’appartiens. J’ai compté: un, deux, trois, quatre, cinq… le sixième cercueil.

    Je me suis arrêté.

    J’ai déposé doucement les fleurs sur le bois clair, en murmurant :

    " VOILA, C’EST TOI".

    Ce soldat, je ne sais ni son nom, ni son grade, ni son visage. Mais je sais qu’il représente tous ceux qui dorment encore sous la terre de France. Demain, il partira pour Paris, sous l’Arc de Triomphe, pour veiller sur eux tous, pour veiller sur nous.

    Et moi, Auguste Thin, simple soldat, j’aurai eu l’honneur de le choisir.

  • Orthographe: les élèves font deux fois plus de fautes que leurs parents

    Auteur: Christophe Benzitoun - Maitre de conférences en linguistique française, Université de Lorraine - The Conversation. CC BY ND

    Le 6 décembre 2022, la direction de l’évaluation du ministère français de l’Éducation nationale a publié une nouvelle étude sur les performances en orthographe des élèves de primaire. Cette évaluation se fonde sur les résultats obtenus par des CM2 à une dictée réalisée en 1987, 2007, 2015 puis 2021. De prime abord, le texte proposé ne semble pas particulièrement difficile:

    En 34 ans, le nombre d’erreurs a presque doublé, passant de 10,7 à 19,4 en moyenne (pour 67 mots). Et on peut conclure de cette étude que la baisse s’accélère: on est passé d’une chute de 4 points en 20 ans (entre 1987 et 2007) à une baisse de 4,7 points en seulement 14 ans (entre 2007 et 2021). Comme les années précédentes, c’est l’orthographe grammaticale qui est la plus touchée, c’est-à-dire les accords et la conjugaison. Cependant, derrière ce constat sans appel, un éclairage s’impose.

    LES DIFFICULTES DE L’ORTHOGRAPHE GRAMMATICALE FRANÇAISE

    L’orthographe française est une des plus complexes au monde et nécessite un apprentissage long et fastidieux. Tout particulièrement l’orthographe grammaticale. Ainsi, il est plus difficile d’enseigner le français écrit à des locuteurs francophones natifs plutôt que le finnois, l’italien ou l’espagnol à des natifs respectifs de ces langues.

    En français écrit, les marques grammaticales sont majoritairement muettes et de nombreuses finales se prononcent pareillement mais ne s’écrivent pas à l’identique. En linguistique, on parle de mots homophones hétérographes. Et dans la dictée ci-dessus, il y a une concentration importante de ces difficultés. Par exemple, les lettres finales des mots tomb-ai-t, inqui-et-s, demand-ai-ent ne se prononcent pas et leur finale prononcée est homophone. Il en est de même pour les mots rentr-é-s, retrouv-é, arriv-er, fatigu-é-s, téléphon-er, aboy-er. Cela suppose un haut degré d’abstraction et de raisonnement pas évident à solliciter durant une activité de dictée. Détaillons un exemple.

     

     

     

    Dans le cas de "nous les verrons arriver très fatigués", l’élève doit choisir si à la fin de fatigués, il faut mettre er, é, és, ée, ées… sans pouvoir s’aider de la prononciation. Pour ce faire, il lui est indispensable de retrouver le donneur d’accord, à savoir les (qui est le complément et non le sujet), ainsi que le groupe auquel renvoie ce pronom ("les gamins").

    On imagine donc la complexité de la tâche pour des enfants d’une dizaine d’années. Cela se traduit par le constat que sur les neuf mots les moins bien réussis (moins d’un élève sur deux), huit comportent ces caractéristiques (inquiets, demandaient, rentrés, perdus, retrouvé, verrons, fatigués, vus). Une petite note d’espoir toutefois: entre 2015 et 2021, les performances des élèves en orthographe grammaticale ont légèrement progressé.

    Concernant le seul exemple d’accord du participe passé avec le complément d’objet direct antéposé ("Elle les a peut-être vus!"), moins d’un élève sur cinq l’écrit correctement. Dans ce cas, la question qu’il faut se poser, c’est celle de savoir où ils l’ont appris, sachant que cette règle est censée être enseignée au collège (la maitrise de l’accord d’un participe passé avec le verbe être, dans les cas les plus usuels, figure dans le programme du cycle 3, soit du CM1 à la sixième, mais celle de l’accord avec avoir, dans le cas d’un complément d’objet antéposé, figure dans le programme du cycle 4, soit de la cinquième à la troisième). On peut également s’interroger sur la pertinence d’évaluer une règle de grammaire qui n’a pas encore été vue.

    L’ORTHOGRAPHE NE S’EST JAMAIS DEMOCRATISEE

    La baisse des performances en orthographe est antérieure à 1987. Dans un rapport rédigé par la Commission ministérielle d’études orthographiques datant de 1965 et présidée par Aristide Beslais, il est écrit:

    "De toutes parts, dans les administrations comme dans l’enseignement, on se plaint de la dégradation rapide de l’orthographe".

    En réalité, contrairement à une idée reçue, l’orthographe ne s’est jamais démocratisée en France. Autrement dit, aucune génération parmi celles qui nous ont précédés n’a maitrisé l’orthographe à grande échelle malgré un nombre d’heures consacré à son enseignement amplement supérieur à ce qu’il est aujourd’hui. On peut dans les années 1950 des témoignages sur le niveau en orthographe qui reprennent presque au mot près le constat actuel.

    Et aujourd’hui comme hier, les difficultés orthographiques ne touchent pas avec la même intensité les élèves provenant de milieux sociaux différents. Pour le montrer, le département statistique du ministère a mis au point un indice basé sur le niveau social des écoles. Entre les écoles considérées comme les plus favorisées socialement et celles considérées comme les moins favorisées, on passe de 15,5 erreurs en moyenne à 21,9, avec plus du tiers des élèves qui font plus de 25 erreurs.

    Eteve Y., Nghiem X. 2022, "Les performances en orthographe des élèves de CM2 toujours en baisse, mais de manière moins marquée en 2021", Note d’Information, n° 22.37, DEPP.

    La question de l’orthographe représente un enjeu majeur de justice sociale et sa démocratisation un véritable choix de société. Depuis des décennies, on assiste à des batailles politiques et idéologiques rendant difficiles toutes avancées sur le sujet. Pourtant, la situation est connue et documentée depuis longtemps et il est temps d’apporter des réponses à la hauteur.

    Pour ce faire, il existe deux leviers complémentaires. D’un côté, il est possible de rendre l’orthographe française plus régulière, en corrigeant ses imperfections, comme cela a été fait tout au long de son histoire. D’un autre côté, il y a une nécessité d’utiliser et sans doute aussi de concevoir des méthodes plus robustes en rapprochant l’enseignement et la recherche. Refuser, par principe, de considérer ces deux conditions revient à graver dans le marbre la situation actuelle. Pour relever le défi auquel nous sommes confrontés, il va falloir parvenir à dépasser la sempiternelle querelle des anciens contre les modernes.

     

    PS: à force "d'élaguer" soi-disant pour simplifier et ne pas pénaliser les incultes organisés, l'éduc nat à complétement changé l'orthographe et c'est nous, ceux qui ont appris à lire et à écrire le VRAI FRANÇAIS, les retraités, qui sommes devenus les "dinosaures" que les "d'jeuns" ne comprennent plus!