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science - Page 2

  • Comment savoir si quelqu'un vous écoute vraiment?

    Les neurosciences viennent de trouver la solution

    Imaginez un peu. Vous racontez votre vie passionnante à un ami, des anecdotes trépidantes sur votre travail, votre couple, votre chien, quand soudain vous êtes pris d'un doute: vous écoute-t-il vraiment ou fait-il semblant?

    Comment être sûr que votre interlocuteur est vraiment impliqué dans la discussion? C'est la question que s'est posée une équipe de chercheurs de l'Université Concordia de Montréal, au Canada.

    L'étude a mobilisé 49 volontaires munis de capteurs oculaires. Soumis à des enregistrements sonores parasités par du bruit, les sujets devaient redoubler d'efforts pour percevoir les sons les plus faibles. Les scientifiques ont observé une corrélation directe: plus l'effort d'écoute était soutenu, plus le rythme des clignements des yeux ralentissait.

    PLUS LE CERVEAU TRAVAILLE, PLUS LE REGARD SE FIGE

    "Nous ne clignons pas des yeux au hasard. En réalité, nous clignons systématiquement moins dès qu'une information marquante nous est présentée", explique Pénélope Coupal, étudiante au Laboratoire de l'audition et de la cognition de Concordia et autrice principale de l'étude.

    La lumière change-t-elle la donne? Pas selon les chercheurs. En reproduisant l'expérience sous différents éclairages, ils ont prouvé que la luminosité n'influait pas sur ce réflexe. Le seul véritable facteur reste la concentration: plus le cerveau travaille, plus le regard se fige, résume un article de Fast Company.

    Malheureusement, il vous sera difficile de mettre ce savoir en pratique lors d'une prochaine discussion. Inutile en effet de compter les clignements de vos amis pour les tester: la fréquence normale varie trop d'une personne à l'autre. En revanche, l'étude confirme une règle universelle, le clignement ralentit dès que le cerveau traite une information importante.

    Si les bons communicants scrutent déjà le langage corporel pour ajuster leur discours, cette recherche sur le clignement des yeux offre un outil supplémentaire pour évaluer, en temps réel, l'impact de vos paroles.

  • L’intelligence peut-elle être expliquée par la génétique et l’épigénétique?

    Auteurs: Corinne Augé - Professeur en génétique moléculaire et biotechnologie, Université de Tours

    Stéphane Mortaud: Professeur neurosciences, CNRS, Université d’Orléans

    The Conversation - CC BY ND

    Quelle est la part de l’environnement, en particulier social, de l’épigénétique et de la génétique dans les manifestations de l’intelligence (ou des intelligences) chez l’enfant et chez l’adulte?

    Le cerveau humain est un organe fascinant, complexe et remanié en permanence. Au cours du développement de l’embryon, il se développe selon un programme génétique précis. Les cellules souches se divisent, migrent et se différencient en différents types de neurones pour former les réseaux neuronaux qui sous-tendront toutes nos fonctions cognitives, émotionnelles, comportementales et motrices.

    Les mécanismes épigénétiques, c’est-à-dire les mécanismes par lesquels une cellule contrôle le niveau d’activité de ses gènes, jouent ici un rôle majeur: méthylation de l’ADN, modification des histones (protéines) et ARN non codants vont soit activer soit réprimer, à la fois dans l’espace et au cours du temps, les gènes nécessaires à la formation et à la migration des neurones, puis à la formation des synapses.

    Tandis que le cerveau se construit, chaque neurone reçoit ainsi un ensemble de marques épigénétiques qui déterminent son identité, son activité et sa connectivité aux autres neurones. Ce profil épigénétique, spécifique à chaque type de neurone, se met en place en fonction de signaux environnementaux: contexte hormonal, présence de facteurs morphogéniques (les protéines qui contrôlent la place et la forme des organes), activité électrique naissante. La moindre perturbation peut altérer, cette programmation fine, très sensible non seulement à l’environnement intra-utérin, mais aussi à l’alimentation, voire aux émotions de la future maman.

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  • Maintenir une bonne santé cognitive à tout âge, c’est possible

    Vieillir tout en restant mentalement alerte, est-ce un objectif atteignable ou une utopie ?

    C’est tout à fait possible, à condition de cultiver des habitudes bénéfiques pour le fonctionnement cérébral tout au long de la vie.

    Chercheur en neurosciences cognitives et en neuropsychologie du vieillissement, je propose d’apporter un éclairage sur la possibilité de maintenir une bonne santé cognitive en vieillissant, à la lumière des avancées scientifiques récentes.

    Cet article fait partie de notre série La Révolution grise. La Conversation vous propose d’analyser sous toutes ses facettes l’impact du vieillissement de l’imposante cohorte des boomers sur notre société, qu’ils transforment depuis leur venue au monde. Manières de se loger, de travailler, de consommer la culture, de s’alimenter, de voyager, de se soigner, de vivre… découvrez avec nous les bouleversements en cours, et à venir.

    L’IMPORTANCE DE LA RESERVE COGNITIVE

    Parmi les stratégies les plus efficaces identifiées par la recherche, le développement et le maintien d’une bonne réserve cognitive se démarquent.

    La réserve cognitive désigne la capacité du cerveau à résister aux effets du vieillissement ou des maladies neurodégénératives, sans qu’ils ne se traduisent par un déclin fonctionnel marqué. Ce concept est désormais central dans les approches de prévention du déclin cognitif.

    Dans son rapport mis à jour en 2024, la commission permanente de la revue scientifique The Lancet sur la prévention, l’intervention et les soins liés à la démence a mis en évidence qu’environ 45 % des cas de démence pourraient être évités ou retardés en agissant sur 14 facteurs de risque modifiables.

    Ces facteurs incluent notamment l’inactivité physique, la dépression et l’isolement social.

    Mais l’un des facteurs les plus précoces et les plus significatifs est le faible niveau d’éducation.

    AU-DELA DE L’ÉDUCATION

    L’éducation a longtemps été considérée comme le principal indicateur de la réserve cognitive. Elle reflète une exposition prolongée à des activités intellectuellement stimulantes qui favorisent le développement de réseaux cérébraux efficaces.

    Toutefois, cette vision s’avère aujourd’hui partielle. En effet, la réserve cognitive n’est pas figée à l’enfance ni à l’âge adulte : elle peut se construire, se maintenir et même s’amplifier tout au long de la vie grâce à des expériences variées comme l’apprentissage, les interactions sociales riches et les loisirs cognitivement stimulants. On peut par exemple penser à la pratique d’un instrument de musique, la réalisation de jeux de société complexes comme les échecs, ou encore la participation à des activités bénévoles qui nécessitent des notions de planification et de résolution de problèmes.

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