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science - Page 4

  • Pourquoi les enfants veulent-ils jouer mille fois

    au même jeu ou regarder encore et encore le même dessin animé ?

    Alors que votre enfant a de nouveaux jeux, livres ou films à sa disposition, il choisit une fois de plus le même titre ou la même activité. La psychologie apporte quelques réponses à ce phénomène.

    C’est un sentiment familier pour de nombreux parents. Quelque dessin animé que vous suggériez à votre enfant, c’est cet épisode de Bluey, de Dora l’exploratrice ou de Peppa Pig qu’il a envie de regarder une fois de plus, peu importe qu’il vienne juste de le terminer. Et à l’heure de se coucher, voilà qu’il va choisir un livre que vous avez déjà lu mille fois, au point d’avoir développé tout un répertoire de voix pour chacun des personnages.

    Cet intérêt insatiable pour une émission, un jeu ou un sujet peut être frustrant pour des parents qui auraient envie de nouveauté. Mais ce principe de répétition a de réels bienfaits pour les apprentissages et le bien-être des enfants.

    DETECTER DES MODELES POUR COMPRENDRE LEUR ENVIRONNEMENT

    Il faut penser le cerveau comme un organe qui s’efforce de comprendre ce qu’il y aurait de " normal " dans nos vies – et donc ce qui relève d’une régularité et ce qui y échappe. Les chercheurs ont mis en avant un phénomène connu sous le nom d’" apprentissage statistique ", selon lequel les enfants sont très sensibles à l’apparition de récurrences et de modèles dans leur environnement.

    Il est intéressant de noter que les bébés sont particulièrement aptes à comprendre certains types de données, comme les sons qu’ils peuvent retrouver dans les discours que nous leur adressons. Mais ils ont besoin d’être exposés à de nombreux exemples pour détecter ces régularités.

    Ainsi, dans toutes les langues, les sons composant les mots tendent à suivre certains schémas. En anglais, par exemple, certaines des combinaisons de trois lettres les plus courantes sont " the", " and "or" ing " et il est logique que le cerveau des enfants cherche à repérer ces récurrences, cela les aide dans l’apprentissage de leur langue.

    Lorsque les jeunes enfants regardent à nouveau une émission, ce qu’ils font, qu’ils en soient conscients ou non, est motivé par l’envie de détecter et de conforter les modèles repérés dans ce qu’ils entendent, voient ou lisent.

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  • HPI

    Les " hauts potentiels " en entreprise ne sont pas forcément des hauts potentiels intellectuels

    Les entreprises recherchent activement leurs futurs dirigeants. Dans cette quête, un terme revient souvent: celui de "haut potentiel". Mais que signifie-t-il réellement?

    Est-ce une simple capacité intellectuelle supérieure,

    une aptitude relationnelle hors norme, ou un talent décelé pour évoluer dans l’organisation,

    Derrière ce concept très utilisé, et les sigles HPI, HPE ou HiPo, se cache une réalité plus nuancée – et parfois mal comprise.

    Le terme "haut potentiel" est devenu omniprésent dans les discours en ressources humaines. Pourtant, il n’existe pas de définition univoque. Les instruments et les travaux sur lesquels s’appuie cette notion restent fragiles. Ils obligent à la prudence quant à son utilisation sociale, dans le monde de l’entreprise notamment.

    Si les capacités d’apprentissage des hauts potentiels ont été mises en évidence, la question de leur recrutement soulève des questions. Les profils haut potentiel, autrement qualifiés d’"atypiques", séduiraient de plus en plus les entreprises et permettrait une éclosion d’offre de cabinets de recrutement ou de coaching.

    Ici la prudence s’impose, car en vertu du principe de non-discrimination dans le Code du travail, l’offre d’emploi doit rester suffisamment ouverte pour rester légale et attractive. C’est ici que mettre l’accent, dans une annonce ciblée pour des hauts potentiels, sur les compétences d’apprentissage et la dimension évolutive du poste prend tout son sens.

    TROIS FORMES DE HAUT POTENTIEL

    Il désigne une personne au quotient intellectuel (QI) élevé. Selon le psychologue David Wechsler, dont les échelles (WAIS, WISC) sont parmi les plus utilisées, " le quotient intellectuel représente la capacité globale d’un individu à agir de façon réfléchie, à penser rationnellement et à interagir efficacement avec son environnement ". Il s’agit du haut potentiel au sens psychométrique.

    Comme le soulignait le psychologue Howard Gardner dès 1983 dans Frames of Mind, le QI n’est qu’un indicateur parmi d’autres. L’intelligence ne se limite pas à sa dimension logico-mathématique: elle est aussi interpersonnelle, spatiale ou kinesthésique (perception consciente des mouvements). Un ingénieur brillant peut peiner à diriger une équipe s’il n’a pas développé les compétences relationnelles nécessaires.

    HAUT POTENTIEL EMOTIONNEL (HPE)

    Selon la définition fondatrice des psychologues Peter Salovey et John Mayer, l’intelligence émotionnelle est "la capacité à surveiller ses propres émotions et celles des autres, à les discriminer parmi elles et à utiliser cette information pour orienter sa pensée et ses actions".

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  • Le pouvoir de la musique sur le cerveau

    Une étude révèle que les musiciens possèdent une résistance naturelle à la douleur grâce à leur entraînement intensif. Leur cerveau développe des mécanismes de protection uniques qui transforment leur perception des sensations douloureuses. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques fascinantes.

    La pratique musicale intensive modifie profondément l'architecture cérébrale et influence notre rapport à la souffrance physique. Des chercheurs ont récemment démontré que l'apprentissage musical ne se contente pas d'améliorer nos capacités cognitives : il transforme littéralement notre perception de la douleur. Cette recherche, publiée dans la revue Pain et menée sur quarante participants, révèle des différences saisissantes entre musiciens et non-musiciens face aux stimuli douloureux.

    LES MECANISMES CEREBRAUX DE LA DOULEUR CHEZ LES MUSICIENS

    Le cerveau des musiciens présente des particularités remarquables dans le traitement des signaux nociceptifs. Contrairement aux idées reçues, la douleur ne constitue pas uniquement une sensation désagréable : elle active des réseaux neuronaux complexes qui modifient notre attention, nos pensées et nos comportements moteurs. Lorsqu'une personne touche une surface brûlante, cette réaction protectrice l'incite instinctivement à retirer sa main.

    L'activité du cortex moteur, zone cérébrale contrôlant nos muscles, diminue habituellement sous l'effet de la douleur. Ce phénomène empêche l'utilisation excessive d'une partie du corps blessée. Si ce mécanisme protège efficacement à court terme, sa persistance peut engendrer des complications durables. Une cheville foulée immobilisée pendant des semaines réduit la mobilité et perturbe l'activité cérébrale dans les régions responsables du contrôle de la douleur.

    Les neuroscientifiques ont identifié que la douleur chronique rétrécit la « carte corporelle » cérébrale, cette région où le cerveau envoie des commandes aux muscles. Cette diminution corrèle directement avec l'intensification de la souffrance. Néanmoins, certaines personnes manifestent une résistance supérieure à ces phénomènes, sans que les scientifiques comprennent entièrement ces variations individuelles.

    Pourquoi certains cerveaux perçoivent-ils moins la douleur ? Les scientifiques explorent les mystères de cette résistance individuelle, lorsque la douleur est moins ressentie chez certaines personnes, comme les musiciens.

    UNE EXPERIMENTATION RÉVOLUTIONNAIRE SUR LA PERCEPTION DOULOUREUSE

    Pour étudier l'influence de l'entraînement musical sur la sensibilité à la douleur, les chercheurs ont provoqué volontairement une douleur musculaire chez des musiciens et des non-musiciens. Ils ont utilisé le facteur de croissance nerveuse, une protéine maintenant habituellement la santé des nerfs. Injecté dans les muscles de la main, ce composé génère des courbatures pendant plusieurs jours, particulièrement lors des mouvements, sans causer de dommages permanents.

    La stimulation magnétique trans-crânienne (TMS) a permis de mesurer l'activité cérébrale. Cette technique envoie de minuscules impulsions magnétiques dans le cerveau pour cartographier le contrôle moteur de la main. Les scientifiques ont établi ces cartes avant l'injection douloureuse, puis les ont réévaluées après deux et huit jours.

    Les résultats se révèlent spectaculaires. Avant même l'induction de la douleur, les musiciens présentaient une cartographie cérébrale plus précise de la main. Plus leurs heures de pratique étaient nombreuses, plus cette carte apparaissait raffinée. Cette plasticité cérébrale témoigne de l'adaptation neurologique liée à l'entraînement musical intensif.