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Science - Page 15

  • La mystérieuse lumière émise par notre cerveau

    mesurée pour la première fois

    La vie, pour l’essentiel, est baignée de lumière: le Soleil procure à la planète l’énergie indispensable à la grande majorité des écosystèmes qu’elle abrite. Ce qui est moins connu, c’est que la vie crée aussi sa propre lumière, et pas seulement la bioluminescence des vers luisants et poissons lanternes, ou les rayonnements infra-rouges engendrés par la chaleur.

    Les tissus vivants émettent un flux continu de lumière de faible intensité, ou bio-photons. Les scientifiques, qui dénomment ce phénomène "émissions de photons ultra-faibles" (UPE, pour ultra-weak photon emissions, en anglais), voient son origine dans des réactions biomoléculaires produisant de l’énergie, dont les photons sont des sous-produits. Si bien que plus un tissu utilise d’énergie,

    SURPRISE: en plaçant des capteurs de lumière ultra-sensibles sur le crâne de volontaires, des chercheurs ont détecté des photons – particules de lumière – émis par le cerveau.

    La théorie des "bio-photons" postule que n’importe quelle cellule vivante rayonne de la lumière.

    La nouveauté: cette fois, ce sont les neurones qui "brillent"…

    Le rayonnement observé semble varier au gré de nos pensées.

    D’où l’idée de l’utiliser comme futur nouveau moyen d’imagerie cérébrale.

    Stephanie Haerts

  • Peut-on battre le hasard? Ce que dit la science des probabilités

    On l’a tous pensé au moins une fois". Si je joue intelligemment je peux battre le système". Et pourtant, le hasard, lui, n’en a rien à faire de vos intuitions. Mais alors, est-ce vraiment impossible de le battre? Et pourquoi continue-t-on à essayer? Spoiler: ce n’est pas que pour l’argent.

    LE HASARD, CE PATRON QU’ON NE LICENCIE JAMAIS

    Commençons par une vérité froide: dans les jeux de hasard, l’avantage est toujours du côté de la maison. Et la maison, elle ne dort jamais.

    Parlons de la roulette. La probabilité de tomber sur le rouge, c’est 18 chances sur 37. Donc à chaque tour, vous perdez un petit peu. Pas assez pour le sentir tout de suite, mais assez pour que le casino fasse de l’argent. .

    Même avec des stratégies comme la fameuse martingale (vous doublez votre mise à chaque perte), les maths finissent toujours par vous rattraper. Parce que vos poches, elles, ne sont pas infinies. Et parce que les plafonds de mise existent précisément pour éviter qu’un joueur malin ne retourne la table.

    MAIS LE CERVEAU N’AIME PAS PERDRE.

    En sachant tout ça, on continue à y croire. Pourquoi? Parce que notre cerveau est câblé pour chercher du sens, même là où il n’y en a pas.

    C’est ce qu’on appelle le biais du parieur. Si une roulette tombe cinq fois sur noir, on se dit que "e rouge va bien finir par sortir". Sauf que non. La bille ne garde aucun souvenir de ses tours précédents. Chaque lancer est un nouveau départ.

    C’est comme parier sur le fait qu’il va pleuvoir parce qu’il a fait beau toute la semaine. Ça peut arriver ou pas.

    ALORS POURQUOI JOUE-T-ON ENCORE?

    Parce qu’on ne joue pas seulement contre le hasard. On joue entre nous. Avec des amis, des collègues, en ligne ou autour d’une table.

    Pour beaucoup de joueurs, le plaisir du jeu vient surtout de l’ambiance, du lien social, de la tradition. Le bingo du dimanche avec Mamie. Le ticket de Loto partagé au boulot. Le tournoi de poker du vendredi soir avec chips et bière.

    Et aujourd’hui, les casinos en ligne reproduisent ça à leur façon: chats en direct, classements entre amis, tournois live… tout est fait pour recréer cette énergie collective, ce petit frisson d’être " ensemble contre la chance ".

    PEUT-ON BATTRE LE HASARD COLLECTIVEMENT?

    Techniquement non. Mais collectivement, on le rend moins menaçant. À défaut de tricher, certains joueurs misent sur la coopération : le syndicat de loterie. Une étude (bien qu’un peu ancienne) montre qu’un groupe bien sauf pourrait espérer des retours de 10 % à 25 % dans une loterie équitable via achat collectif de tous les numéros possibles.

    Mais cela nécessite des ressources colossales et n’est pas applicable aux jeux de casino standard.Il devient un jeu, une excuse pour se retrouver, raconter des anecdotes, ritualiser le suspense.

    On ne bat pas le hasard. Mais on peut jouer avec.

    Vous ne battrez pas le hasard. Mais vous pouvez apprendre à jouer avec lui, à en rire, à le défier, à le transformer en moment social. Et ça, c’est déjà une belle victoire.

    Au fond, le jeu, c’est moins une bataille contre les probabilités qu’un rituel moderne, où on partage, on espère, et on se crée des souvenirs.

    Le vrai gain est là.

  • Le paradoxe du temps: ralentir pour accélérer

    L’idée de "ralentir" pourrait presque hérétique. Les dirigeants d’entreprise, pris dans un tourbillon d’e-mails, de réunions et de décisions à prendre, ont intégré l’idée qu’être réactif, disponible à tout moment et rapide dans l’exécution est la condition sine qua non du succès. Pourtant, un courant grandissant remet en cause ce dogme de l’urgence: le "slow management". Inspiré à la fois des neurosciences et de la philosophie du "slow movement", ce concept prône l’art de ménager des temps de pause et de réflexion stratégique pour, paradoxalement, gagner en efficacité.

    Loin d’être une simple tendance de bien-être, le slow management s’appuie sur des études scientifiques récentes qui montrent que notre cerveau, saturé par le multitâche et la pression temporelle, fonctionne moins bien. Des entreprises pionnières en ont fait l’expérience: prendre le temps de ralentir leur processus de décision et de gestion leur a permis de gagner en créativité, en productivité et même en compétitivité.

    LE CERVEAU SOUS PRESSION: QUAND LA VITESSE DEVIENT UN FREIN

    Depuis une dizaine d’années, les neurosciences explorent les effets de la surcharge cognitive sur la prise de décision. John Sweller, chercheur en psychologie cognitive, a démontré que notre mémoire de travail est limitée: lorsqu’elle est saturée par trop d’informations simultanées, notre capacité de réflexion stratégique s’effondre.

    Une étude de l’Université de Stanford (2019) est venue confirmer cette intuition: les individus pratiquant le multitâche numérique constant (passer d’un mail à une notification puis à une réunion) développent une attention plus fragile et une mémoire moins performante que ceux qui se concentrent sur une tâche unique. Dans un contexte de direction d’entreprise, cela signifie que l’obsession de la vitesse conduit à des décisions hâtives, parfois contre-productives.

    Le Dr Etienne Koechlin, directeur du Laboratoire de neurosciences cognitives de l’ENS, rappellait d’ailleurs que " le cerveau humain n’est pas conçu pour maintenir une vigilance soutenue en permanence. Il fonctionne mieux lorsqu’il alterne entre phases d’effort et phases de récupération ". Autrement dit: la pause est loin d’être une perte de temps, elle est une condition de la performance.

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