Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Neurosciences - Page 17

  • Peut-on vraiment saturer la mémoire de son cerveau?

    Les neuroscientifiques répondent

    Avez-vous déjà eu l'impression que votre cerveau était "plein" après une longue journée d'apprentissage?

    Cette sensation de saturation mentale est courante, mais reflète-t-elle une limite réelle de notre capacité cérébrale?

    Les neuroscientifiques affirment que notre mémoire fonctionne différemment d'un disque dur d'ordinateur. Cherchons ensemble ce que la science nous révèle sur les capacités insoupçonnées de notre cerveau.

    Contrairement à nos appareils électroniques qui peuvent afficher un message d'erreur "mémoire pleine", notre cerveau semble posséder une capacité de stockage virtuellement illimitée. "Il n'existe pas de limite significative à la quantité d'informations que le cerveau peut stocker", explique Elizabeth Kensinger, professeure de psychologie et neurosciences au Boston College.

    Ce qui rend notre mémoire si puissante réside dans sa structure distribuée. Un souvenir n'est jamais stocké dans un seul neurone, mais plutôt réparti sur un réseau complexe de cellules cérébrales appelé "engramme".

    Ces groupes de neurones, dispersés dans différentes régions du cerveau, s'activent ensemble selon des schémas spécifiques pour former et rappeler nos souvenirs.

    Prenons l'exemple d'une fête d'anniversaire: les couleurs des décorations? le goût du gâteau, les voix des invités et les émotions ressenties sont traités par différentes zones cérébrales. Chaque élément active des régions sensorielles et émotionnelles distinctes qui, ensemble, créent ce souvenir particulier.

    Cette représentation distribuée offre deux avantages majeurs:

        Une capacité de stockage exponentielle grâce aux innombrables combinaisons de neurones.

        Une résilience face aux dommages cellulaires, un souvenir pouvant survivre même si certains neurones sont endommagés.

        La possibilité de créer des liens entre souvenirs similaires pour faciliter l'apprentissage.

        Une adaptation constante aux nouvelles informations sans  saturatio ".

    POURQUOI OUBLIONS-NOUS SI NOTRE CERVEAU A UNE CAPACITE ILLIMITEE?

    Si notre cerveau peut théoriquement tout stocker, pourquoi avons-nous tant de difficultés à nous souvenir de certaines informations? La réponse tient moins à un problème d'espace qu'à un processus de filtrage sophistiqué. Selon Paul Reber, professeur de neurosciences à l'Université Northwestern, "le processus de stockage constitue le véritable goulot d'étranglement, et non la quantité totale d'espace disponible".

    Notre système de mémoire fonctionne beaucoup plus lentement que le rythme auquel nous recevons des informations. D'après les experts, nous ne mémorisons qu'environ 10% des événements, expériences et rencontres que nous vivons. Cette limitation n'est pas due à un manque d'espace, mais plutôt à la vitessevitesse à laquelle notre cerveau peut transformer les expériences éphémères en souvenirs durables, un processus appelé "consolidation".

    Notre capacité d'attention, limitée par nature, joue également un rôle crucial. Sans attention consciente portée à une information, celle-ci a peu de chances d'être correctement encodée dans notre mémoire à long terme, indépendamment de l'espace disponible.

    L'EVOLUTION A FAÇONNE UNE MEMOIRE SELECTIVE, PAS EXHAUSTIVE

    La mémoire humaine n'a pas évolué pour une reproduction parfaite de notre vécu. Comme le souligne Lila Davachi, professeure de psychologie et neurosciences à l'Université Columbia "le système mnésique est conçu pour encoder uniquement ce qui est adaptatif et nécessaire". Notre cerveau priorise naturellement les informations utiles à notre survie et notre adaptation.

    Cette sélectivité explique pourquoi nous mémorisons facilement ce qui est émotionnellement marquant, utile pour l'avenir, ou suffisamment répété. Les événements ordinaires et routiniers, quant à eux, sont souvent condensés en schémas généraux plutôt que stockés individuellement.

    Prenez votre trajet quotidien vers le travail: vous ne vous souvenez probablement pas de chaque voyage, mais plutôt d'une impression générale. Seuls les trajets particuliers, comme celui où vous avez évité de justesse un accident, resteront distincts dans votre mémoire. Cette économie cognitive permet à notre cerveau de rester efficace sans s'encombrer de détails superflus.

    LE POTENTIEL INEXPLOITE DE NOTRE CERVEAU

    Loin d'être un système de stockage statique, notre mémoire est un processus dynamique en perpétuelle réorganisation. Elle restructure constamment les informations pour nous aider à prédire l'avenir et à nous adapter à notre environnement. Cette plasticité remarquable explique pourquoi nous pouvons continuer à apprendre tout au long de notre vie.

    La prochaine fois que vous oublierez où vous avez posé vos clés, rappelez-vous que ce n'est pas parce que votre cerveau est "plein", mais plutôt parce qu'il était occupé à traiter des informations jugées plus importantes. Notre mémoire, avec sa capacité pratiquement illimitée, reste l'un des systèmes les plus sophistiqués et mystérieux que nous connaissions.

    Trusmysciences

     

  • Pourquoi tout le monde n’a pas le sens de l’orientation

    Vous êtes plutôt du genre à vous repérer partout dès la première fois, ou à encore sortir le GPS après plusieurs années dans le même quartier? Ah! le fameux "sens de l’orientatio "! On entend souvent que les femmes en manqueraient, tandis que les hommes posséderaient "un GPS intégré".

    Mais la réalité est beaucoup plus subtile… Alors, d’où vient ce "sens de l’orientation", et pourquoi diffère-t-il tant d’une personne à l’autre?

    Vous marchez dans la rue à la recherche de l’adresse que votre amie vous a donnée… mais qu’est-ce qui se passe dans votre cerveau à ce moment-là? La navigation spatiale mobilise un véritable orchestre de nombreuses fonctions cognitives.

    D’un côté, des processus dits de "haut niveau": localiser son corps dans l’espace, se représenter mentalement un environnement, utiliser sa mémoire, planifier un itinéraire ou encore maintenir un objectif. De l’autre, des processus plus automatiques prennent le relais: avancer, ralentir, tourner… sans même y penser.

    En réalité, le "sens de l’orientation" n’est pas une capacité unique, mais un ensemble de tâches coordonnées, réparties entre différentes zones du cerveau, qui travaillent de concert pour que vous arriviez à bon port.

    LE CERVEAU CARTOGRAPHE

    S’il existe bien une structure cérébrale particulièrement impliquée, c’est l’hippocampe. Cette structure jumelle, une par hémisphère, possède une forme allongée qui rappelle le poisson dont elle tire son nom.

    Son rôle dans la navigation spatiale est souvent illustré par une étude devenue emblématique.

    L’équipe de recherche s’intéressait à la plasticité cérébrale, cette capacité du cerveau à se réorganiser et à adapter ses connexions en fonction des apprentissages. Elle a alors remarqué que la partie postérieure de l’hippocampe des conducteurs et conductrices de taxi à Londres était plus développée que celle de personnes n’ayant pas à mémoriser le plan complexe de la ville et qui n’y naviguent pas au quotidien. Preuve, s’il en fallait, que notre cerveau s’adapte selon les expériences.

    LE SENS DE L’ORIENTATION N’EST PAS INNE

    C’est une des questions qu’a voulu explorer Antoine Coutrot au sein d’une équipe internationale, en développant Sea Hero Quest, un jeu mobile conçu pour évaluer nos capacités de navigation. Le jeu a permis de collecter les données de plus de 2,5 millions de personnes à travers le monde, du jamais vu à cette échelle pour le domaine.

    Les participants ne partageaient pas seulement leurs performances dans le jeu, mais fournissaient également des informations démographiques (âge, genre, niveau d’éducation, etc.), la ville dans laquelle iels avaient grandi, ou encore leurs habitudes de sommeil.

    Alors, les hommes ont-ils vraiment "un GPS dans la tête"?

    Pas tout à fait.

    Les données révèlent bien une différence moyenne entre les sexes, mais cette différence est loin d’être universelle: elle varie en fonction du pays, et tend à disparaître dans ceux où l’égalité de genre est la plus forte. En Norvège ou en Finlande, l’écart est quasi nul, contrairement au Liban ou à l’Iran.

    Ce ne serait donc pas le sexe, mais les inégalités sociales et les stéréotypes culturels qui peuvent, à force, affecter la confiance des personnes en leur capacité à se repérer, et donc leurs performances réelles.

    L’âge joue aussi un rôle: durant l’enfance, nous développons très tôt les compétences nécessaires à l’orientation et à la navigation spatiales. Après 60 ans, les capacités visuospatiales déclinent, tout comme le sens de l’orientation, qui repose, comme on l’a vu, sur de nombreuses fonctions cognitives.

    L’endroit dans lequel on grandit semble également impliqué. Celles et ceux qui ont grandi dans de petits villages sont souvent plus à l’aise dans de grands espaces. À l’inverse, les citadins, habitués à tout avoir à quelques pas, se repèrent mieux dans les environnements denses et complexes.

    La forme même de la ville, et plus précisément son niveau d’organisation (que l’on appelle parfois "entropie"), influence également nos capacités d’orientation. Certaines villes très organisées, aux rues bien alignées, comme de nombreuses villes états-uniennes, présentent une entropie faible. D’autres, comme Paris, Prague ou Rome, plus "désorganisées" à première vue, possèdent une entropie plus élevée. Et ce sont justement les personnes ayant grandi dans ces villes à forte entropie qui semblent développer un meilleur sens de l’orientation.

    Même l’âge auquel on apprend à conduire peut jouer. Les adolescents qui prennent le volant avant 18 ans semblent mieux se repérer que celles et ceux qui s’y mettent plus tard. Une exposition plus précoce à la navigation en autonomie sans aide extérieure (adulte, GPS…) pourrait donc renforcer ces compétences.

    En somme, ce qu’on appelle le sens de l’orientation n’est pas prédéfini. Il se construit au fil des expériences, de l’environnement, et des apprentissages.

    Auteur: Mme Atlas Thébault Guiochon - Ingénieur en neurosciences cognitives et Enseignante, Université Lumière Lyon 2

     

    P.S.: j'ai supprimé toutes les indications wokes!

  • Pourquoi y-a-t-il des odeurs chez les gens

    que l'on aime et d'autres que l'on n'aime pas?

    La question cache l'un des mystères les plus fascinants de notre cerveau. Hirac Gurden, chercheur en neurosciences au CNRS spécialisé dans l'odorat, révèle que cette alchimie olfactive se joue dès la naissance.

    Hirac Gurden, directeur de recherche en neurosciences au CNRS, spécialiste de l'étude des sens et particulièrement de l'odorat

    "Généralement, quand on est enfant, on aime les odeurs des corps que l'on connaît bien depuis que l'on est tout bébé.

    Et comme notre sens de l'odorat est très important pour notre vie, on va retenir très fortement les parfums de nos parents et de nos grands-parents", explique Hirac Gurden, directeur de recherches en neurosciences au CNRS, spécialisé dans l'odorat .

    Ces parfums familiaux s'ancrent profondément dans notre mémoire et deviennent "des souvenirs agréables les plus forts de notre vie", capables de ressurgir intact des décennies plus tard.