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parapsychique - Page 8

  • Et si s’ennuyer un peu était bon pour le cerveau?

    Ce qu’en disent les neuroscientifiques

    L'ennui agirait comme un mécanisme naturel d’adaptation et de réinitialisation du système nerveux.

    Souvent perçu comme un état contre-productif, l’ennui pourrait en réalité s’avérer bénéfique pour le cerveau, selon les neuroscientifiques. À petites doses, il jouerait un rôle d’adaptation naturelle, permettant au système nerveux sympathique de se réinitialiser et de mieux résister à l’anxiété. Cela met en lumière une façon naturelle de tirer parti des courts moments d’inactivité, dans un monde soumis à un rythme de plus en plus soutenu.

    Nous faisons généralement l’expérience de l’ennui à travers une soudaine perte d’intérêt ou de concentration pour une activité en cours. Ce désengagement rend plus difficile le maintien de l’attention. D’un point de vue neurobiologique, cet état se traduit par l’activation de régions cérébrales spécifiques.

    Lorsque l’attention demeure pleinement mobilisée, le réseau cérébral chargé de la concentration sélectionne les stimuli les plus pertinents et filtre ceux qui pourraient nous distraire. En revanche, si l’activité suscite peu d’intérêt, l’activation de ce réseau diminue à mesure que l’attention faiblit. Parallèlement, l’activité du réseau fronto-pariétal, impliqué dans le contrôle exécutif, tend elle aussi à décroître.

    Cette baisse d’attention favorise alors l’activation du réseau du mode par défaut. Celui-ci détourne l’attention des stimuli extérieurs pour la tourner vers l’activité mentale interne, c’est-à-dire vers l’introspection. Cela implique la synchronisation de plusieurs régions cérébrales clés, dont l’insula, impliquée dans le traitement sensoriel et émotionnel. L’amygdale, structure impliquée dans la formation des souvenirs émotionnels, est également sollicitée lors de ces phases d’ennui, notamment pour gérer les émotions négatives qui peuvent en découler.

    Cet état est encore largement considéré comme négatif. « Généralement défini comme une difficulté à maintenir son attention ou son intérêt dans une activité en cours, l’ennui est généralement considéré comme un état négatif que nous devrions essayer d’éviter ou de nous empêcher de vivre », écrivent Michelle Kennedy, chercheuse en santé mentale des jeunes, et Daniel Hermens, professeur de santé mentale et de neurobiologie de l’adolescence à l’Université de la Sunshine Coast, en Australie, dans un article publié sur The Conversation.

    Dès lors, nous cherchons instinctivement à échapper à l’ennui. Le cortex préfrontal médian ventral s’active pour inciter à rechercher des sources de stimulation plus attrayantes. Pourtant, loin d’être nuisible ou stérile, l’ennui pourrait, selon Kennedy et Hermens, procurer des effets bénéfiques inattendus si nous apprenions à l’accepter.

    UN MOYEN SIMPLE ET NATUREL DE REINITIALISER LE SYSTEME NERVEUX

    Notre mode de vie contemporain nous soumet à une exposition quasi constante au stress, du fait du flux ininterrompu d’informations à assimiler. Pour y faire face, beaucoup adoptent un rythme effréné, ne s’accordant que de brèves pauses. Or, ces rares moments de répit sont souvent consacrés à l’organisation des tâches futures ou à des activités tout aussi stimulantes, perçues à tort comme reposantes. Selon les chercheurs, "les adultes donnent involontairement aux jeunes générations l’exemple de la nécessité d’être constamment connectés".

    Cette hyperstimulation n’est pas sans conséquences. En effet, le cerveau reste sous tension en raison de l’activité prolongée du système nerveux sympathique, impliqué dans la réponse de « lutte ou fuite » face au stress. Sollicité sans relâche pour gérer plusieurs tâches à la fois, ce système finit par s’user, provoquant ce que l’on nomme une "surcharge allostatique" — un état d’usure physiologique causé par une exposition prolongée au stress.

    Kennedy et Hermens estiment que l’ennui pourrait offrir un moyen simple et naturel de réinitialiser ce système nerveux. Une hypothèse qui fait écho à une étude précédente, laquelle suggère que l’ennui constitue une expérience émotionnelle distincte de l’apathie, de l’anhédonie ou de la dépression, auxquelles il est trop souvent assimilé. Cela suggère que l’ennui remplit un rôle plus subtil qu’on ne le croyait.

    "À petites doses, l’ennui est le contrepoids nécessaire au monde surstimulé dans lequel nous vivons. Il peut avoir des bienfaits uniques pour notre système nerveux et notre santé mentale", précisent les deux chercheurs.

    "À l’inverse, de longues périodes d’ennui, accompagnées d’une activité accrue du réseau en mode par défaut, peuvent être associées à la dépression", ajoutent-ils.

    Selon eux, s’autoriser de courts instants d’ennui contribuerait à rééquilibrer le système nerveux et à prévenir l’apparition de troubles anxieux. L’ennui favoriserait également la créativité, en libérant de nouveaux flux de pensée, ainsi que l’indépendance de pensée, en incitant à explorer d’autres centres d’intérêt.

    Il aurait également des effets positifs sur l’estime de soi et la régulation émotionnelle, en encourageant l’introspection. À ce titre, les experts recommandent de s’accorder des périodes sans écran, afin d’échapper à la boucle de gratification instantanée qui peut conduire à une dépendance aux appareils numériques.

    "Nous sommes constamment ‘connectés’, cherchant à planifier chaque instant. Mais ce faisant, nous privons potentiellement notre cerveau et notre corps du temps de repos dont ils ont besoin pour se ressourcer", concluent les chercheurs.

    "Nous devons profiter de la pause [que nous procurent les moments d’ennui]", insistent-ils.

  • voici la dernière image que le cerveau voit avant la mort

    Les neurologues mettent fin au mystère

    La dernière image que l'on perçoit avant que le cerveau ne cesse de fonctionner reste une question scientifique ouverte. Aucun individu ne peut la décrire avec certitude. Cependant, les recherches en neurosciences et en psychologie cognitive, notamment celles portant sur les expériences dites de mort imminente (EMI), donnent quelques pistes pour comprendre ce qui se produit dans l'activité cérébrale à l'approche de la fin de vie. Est-ce un souvenir marquant, le visage d'un proche, ou bien un simple phénomène neurobiologique?

    La science montre que ce qui se passe dans le cerveau dans les derniers instants est complexe et très subjectif. Selon les sources scientifiques disponibles, il est impossible de donner une réponse unique et définitive à cette question.

    "Les témoignages disponibles évoquent souvent la "sortie du corps", le "déroulement de sa propre existence à vitesse accélérée" comme un "film de sa vie ou un survol de souvenirs" et/ou le ressenti d'un "sentiment d'amour infini, de paix et d'union" "décrit le Dr Sam Parnia, spécialiste de la réanimation dans son étude AWARE, sur les expériences vécues par les patients en état de mort clinique.

    L'image la plus fréquemment rapportée dans les expériences de mort imminente est la "vision d'un tunnel" ou des éclats de lumière, un phénomène qui pourrait être lié à la diminution du flux sanguin vers la rétine et le cortex visuel du cerveau, ce qui concentrerait la vision au centre, comme un tunnel, explique le neurologue Steven Laureys dans une conférence diffusée sur YouTube.

    Alors que l'oxygénation du cerveau se réduit, la vision périphérique est la première à être affectée, un peu comme une télévision dont l'écran s'éteindrait en commençant par les bords pour se terminer en un point au centre.

    Si l'on ne peut pas affirmer avec certitude que tout le monde voit cette dernière image juste avant la fin, les travaux des spécialistes suggèrent que le dernier instant est une expérience profondément personnelle, marquée par la complexité du cerveau. Face à l'inconnu, ces découvertes nous rassurent: loin d'être un néant, la fin pourrait être une ultime expérience lumineuse, remplie de paix et de souvenirs.

    Anaïs Thiébaux

     

     

  • Séduction: voici le meilleur compliment à faire pour plaire à coup sûr

    Envie de complimenter pour séduire ou renforcer un lien ? La science s’est penchée sur la façon dont nos mots marquent vraiment les esprits… et la réponse pourrait vous surprendre.

    LES COMPLIMENTS GENERIQUES: UN EFFET VITE OUBLIE, PROUVE PAR LA RECHERCHE

    "Tu es belle", "tu es canon": des mots qui font sourire, mais laissent peu de trace.

    Selon une étude internationale publiée dans la revue Journal of Positive Psychology (2022),

    71% des personnes interrogées déclarent que les compliments vagues ou physiques leur “font plaisir sur l’instant, mais s’oublient très vite”.

    Plus étonnant: l’équipe du Pr Richard Wiseman (Université de Hertfordshire, UK) a démontré que les compliments non personnalisés activent principalement l’aire du plaisir immédiat (système de récompense rapide), mais peu la mémoire émotionnelle à long terme.

    En France, le sondage YouGov 2023 montre que 63% des femmes et 56% des hommes préféreraient recevoir un compliment sur leur attitude ou leur personnalité plutôt qu’un compliment esthétique.

    L’IMPACT NEUROSCIENTIFIQUE D’UN COMPLIMENT CIBLE

    Le compliment précis agit autrement.

    Des chercheurs du CNRS et de l’université d’Oxford (publication 2021, Frontiers in Human Neuroscience) ont mis en évidence que les compliments ciblés (ex.: "Tu as un sens de l’organisation bluffant") activent la zone du cortex préfrontal, liée à l’estime de soi et à la construction identitaire.

    Selon cette même étude, les participants exposés à des compliments précis montrent un pic de sécrétion de dopamine supérieur de 35% à ceux recevant un compliment générique.

    Une expérience menée au Japon (Université de Kyoto, 2022) révèle que 81% des personnes se souviennent d’un compliment précis reçu plus de six mois auparavant, contre seulement 24% pour un compliment générique.

    Les neurosciences le prouvent: un compliment personnalisé active plus fortement la zone du cerveau liée à l’estime de soi qu’un compliment générique.

    TROIS LEVIERS SCIENTIFIQUES POUR REUSSIR UN COMPLIMENT INOUBLIABLE

        Repérer la singularité observable

        Prêtez attention à un détail unique: "J’ai remarqué comment tu mets tout le monde à l’aise dans une conversation, c’est rare et précieux". 

        Associer le compliment à un effet concret

        D’après une publication Harvard Business Review (2023), les compliments qui relient l’observation à une conséquence (“Tu m’aides à relativiser quand tout va mal, ça change mes journées”) multiplient par 2,6 l’impact positif ressenti.

        Adopter la sincérité spontanée

        Les études du Dr. John Gottman (Université de Washington) montrent que les compliments sincères et spontanés renforcent la satisfaction de couple sur le long terme : dans un suivi sur 130 couples mariés, ceux qui exprimaient régulièrement des appréciations précises et vraies voyaient leur taux de séparation diminuer de 40 % en cinq ans.

    LE COMPLIMENT SUR-MESURE, CLE DE LA MEMOIRE AFFECTIVE ET DE LA SEDUCTION

    En synthèse, la psychologie sociale valide: se sentir vu pour ce que l’on est vraiment, voilà ce qui marque.

    Les études de l’INSEE sur le bien-être conjugal en France (2024) montrent que 82 % des couples durables citent le sentiment d’être “admiré ou compris dans sa singularité” comme ingrédient clé de la longévité affective.

    Côté séduction, une enquête Meetic 2025 révèle que près de 7 personnes sur 10 retiennent un message précis, original et sincère… et oublient vite les “t’es canon” envoyés à la volée.

    La morale scientifique: viser juste, c’est viser singulier. Le compliment ciblé n’est pas seulement une attention, c’est un vrai marqueur de lien émotionnel durable.

    Le cerveau stocke mieux ce qui est singulier, car il y voit une validation unique de sa valeur.

    Loulou Pellegrino