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science - Page 11

  • Peut-on vraiment saturer la mémoire de son cerveau?

    Les neuroscientifiques répondent

    Avez-vous déjà eu l'impression que votre cerveau était "plein" après une longue journée d'apprentissage?

    Cette sensation de saturation mentale est courante, mais reflète-t-elle une limite réelle de notre capacité cérébrale?

    Les neuroscientifiques affirment que notre mémoire fonctionne différemment d'un disque dur d'ordinateur. Cherchons ensemble ce que la science nous révèle sur les capacités insoupçonnées de notre cerveau.

    Contrairement à nos appareils électroniques qui peuvent afficher un message d'erreur "mémoire pleine", notre cerveau semble posséder une capacité de stockage virtuellement illimitée. "Il n'existe pas de limite significative à la quantité d'informations que le cerveau peut stocker", explique Elizabeth Kensinger, professeure de psychologie et neurosciences au Boston College.

    Ce qui rend notre mémoire si puissante réside dans sa structure distribuée. Un souvenir n'est jamais stocké dans un seul neurone, mais plutôt réparti sur un réseau complexe de cellules cérébrales appelé "engramme".

    Ces groupes de neurones, dispersés dans différentes régions du cerveau, s'activent ensemble selon des schémas spécifiques pour former et rappeler nos souvenirs.

    Prenons l'exemple d'une fête d'anniversaire: les couleurs des décorations? le goût du gâteau, les voix des invités et les émotions ressenties sont traités par différentes zones cérébrales. Chaque élément active des régions sensorielles et émotionnelles distinctes qui, ensemble, créent ce souvenir particulier.

    Cette représentation distribuée offre deux avantages majeurs:

        Une capacité de stockage exponentielle grâce aux innombrables combinaisons de neurones.

        Une résilience face aux dommages cellulaires, un souvenir pouvant survivre même si certains neurones sont endommagés.

        La possibilité de créer des liens entre souvenirs similaires pour faciliter l'apprentissage.

        Une adaptation constante aux nouvelles informations sans  saturatio ".

    POURQUOI OUBLIONS-NOUS SI NOTRE CERVEAU A UNE CAPACITE ILLIMITEE?

    Si notre cerveau peut théoriquement tout stocker, pourquoi avons-nous tant de difficultés à nous souvenir de certaines informations? La réponse tient moins à un problème d'espace qu'à un processus de filtrage sophistiqué. Selon Paul Reber, professeur de neurosciences à l'Université Northwestern, "le processus de stockage constitue le véritable goulot d'étranglement, et non la quantité totale d'espace disponible".

    Notre système de mémoire fonctionne beaucoup plus lentement que le rythme auquel nous recevons des informations. D'après les experts, nous ne mémorisons qu'environ 10% des événements, expériences et rencontres que nous vivons. Cette limitation n'est pas due à un manque d'espace, mais plutôt à la vitessevitesse à laquelle notre cerveau peut transformer les expériences éphémères en souvenirs durables, un processus appelé "consolidation".

    Notre capacité d'attention, limitée par nature, joue également un rôle crucial. Sans attention consciente portée à une information, celle-ci a peu de chances d'être correctement encodée dans notre mémoire à long terme, indépendamment de l'espace disponible.

    L'EVOLUTION A FAÇONNE UNE MEMOIRE SELECTIVE, PAS EXHAUSTIVE

    La mémoire humaine n'a pas évolué pour une reproduction parfaite de notre vécu. Comme le souligne Lila Davachi, professeure de psychologie et neurosciences à l'Université Columbia "le système mnésique est conçu pour encoder uniquement ce qui est adaptatif et nécessaire". Notre cerveau priorise naturellement les informations utiles à notre survie et notre adaptation.

    Cette sélectivité explique pourquoi nous mémorisons facilement ce qui est émotionnellement marquant, utile pour l'avenir, ou suffisamment répété. Les événements ordinaires et routiniers, quant à eux, sont souvent condensés en schémas généraux plutôt que stockés individuellement.

    Prenez votre trajet quotidien vers le travail: vous ne vous souvenez probablement pas de chaque voyage, mais plutôt d'une impression générale. Seuls les trajets particuliers, comme celui où vous avez évité de justesse un accident, resteront distincts dans votre mémoire. Cette économie cognitive permet à notre cerveau de rester efficace sans s'encombrer de détails superflus.

    LE POTENTIEL INEXPLOITE DE NOTRE CERVEAU

    Loin d'être un système de stockage statique, notre mémoire est un processus dynamique en perpétuelle réorganisation. Elle restructure constamment les informations pour nous aider à prédire l'avenir et à nous adapter à notre environnement. Cette plasticité remarquable explique pourquoi nous pouvons continuer à apprendre tout au long de notre vie.

    La prochaine fois que vous oublierez où vous avez posé vos clés, rappelez-vous que ce n'est pas parce que votre cerveau est "plein", mais plutôt parce qu'il était occupé à traiter des informations jugées plus importantes. Notre mémoire, avec sa capacité pratiquement illimitée, reste l'un des systèmes les plus sophistiqués et mystérieux que nous connaissions.

    Trusmysciences

     

  • dans mon autre blog

     

    http://saga-mandarine.hautetfort.com/archive/2025/09/14/il-y-a-40-ans-le-10-mai-1981-avec-mitterrand-naissait-un-eta-6562624.html

  • Nous voyons les couleurs de la même façon,

    prouvent (enfin) des chercheurs

    Des spécialistes en neurosciences viennent de démontrer que la perception des couleurs est sensiblement la même entre deux individus. Et ce, en s’appuyant sur des images du cerveau obtenues par IRM.

    “Est-ce que la couleur que tu vois est la même que celle que je vois? ” interroge la revue Nature. Qui rappelle que “cette question tourmente philosophes et chercheurs en neurosciences depuis des décennies, et qu’il est notoirement difficile d’y répondre”. C’est dire si la réponse, qui fait l’objet d’un article scientifique paru dans The Journal of Neuroscience, était attendue. The New York Times la résume ainsi: “l’expérience des couleurs est tout à fait similaire d’un individu à un autre, tout au moins pour ceux qui voient normalement les couleurs”.

    Pour le prouver, Michael Bannert et Andreas Bartels, qui travaillent à l’université de Tübingen et au Max Planck Institute, en Allemagne, ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique (IRM). De fait, “il est possible de déduire ce que vous voyez juste en regardant une image obtenue par IRM sur laquelle des régions cérébrales activées s’illuminent”, indique The New York Times.

    DES NEURONES QUI S’ACTIVENT SELON LA COULEUR OBSERVEE

    Dans un premier temps, les chercheurs ont compilé les images cérébrales de quarante-cinq individus qui regardaient différentes couleurs, ce qui leur a permis de créer une carte de l’activité cérébrale des zones activées en fonction des teintes observées. “Ils ont découvert que les différentes couleurs étaient traitées par des zones cérébrales très légèrement différentes dans la même région du cortex visuel, et que cela se vérifie d’un individu à un autre”, explique Nature. Certains neurones répondent mieux à certaines couleurs.

    Puis, les neurobiologistes ont procédé à une vérification: pouvaient-ils déterminer la couleur que voyait une personne appartenant à un deuxième groupe de quinze participants rien qu’en analysant son image cérébrale? Dans la majorité des cas, la réponse était positive.

    Interrogée par Nature, Jenny Bosten, spécialiste de la vision des couleurs à l’Université britannique du Sussex, se dit surprise par le fait que certains neurones du cortex visuel sont spécialisés pour telle ou telle couleur, ce qui constitue une découverte.